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LE FONIO
Digitaria
exilis ...

Une des plus ancienne céréale
connue
d’Afrique...
Epis et grains de
fonio
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Le fonio, Digitaria
exilis, est botaniquement parlant une graminée à rhizomes, mais est
utilisé et considéré comme une céréale. C’est une petite plante
herbacée annuelle de 30 à 80 cm de hauteur dont l'épillet comprend
une fleur stérile et une fleur fertile qui donnera le grain de
fonio. Ses longues racines puisent l’eau et les nutriments du sol
jusqu’à trois mètres de profondeur. C’est donc une plante
parfaitement adaptée aux zones sèches à sols pauvres. Ses rendements
sont variables selon les zones de production : de 300 kg à une tonne
à l’hectare. Le fonio est une plante remarquablement résistante, qui
ne requiert aucun traitement. |

Dans le champ de fonio de
notre amie et productrice
Kouma Sané,

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Depuis l’Egypte
ancienne ou elle était appréciée et utilisée pour les rituels
divinatoires, les
africains l’ont cultivée
et
préservée en particulier dans les savanes arides du
Sahel.
Cette céréale est une des plus constamment cultivée
du
Cap Vert au Lac
Tchad. Dans certaines régions du Mali,
du Burkina Faso, de la Guinée,
du
Sénégal et du Nigéria,
elle reste une partie
intégrante de l’alimentation.
Certaines
variétés de fonio viennent si rapidement à
maturité – de 6
à 8 semaines-
qu’elles peuvent être
consommées bien avant
la maturation des autres
céréales cultivées dans le Sahel.
Pendant les
quelques mois critiques de « soudure », le fonio devient alors « la
graine de
vie », et permet d’assurer une transition
alimentaire vitale pour les
populations lorsque les autres céréales sont encore
immatures et que les réserves de l’année
précédente sont
épuisées.
En
dépit de son ancienneté, de l’étendue de sa
zone
de production, et de son
importance pour la sécurité
alimentaire des paysans, le
fonio est resté peu
connu
comparativement au sorgho, au mil, au maïs et
aux cultures de rente
(café,arachide…). Cela resteétonnant au regard de
l’importance du fonio pour
les paysans africains. A peine une
trentaine de brefs articles
scientifiques
ont été consacrés au fonio
depuis une vingtaine d’années.
Ensemble avec les
fédérations de paysans,
La Société Gaia et
l’organisation l’Orange Bleue se sont engagés pour une
revalorisation du fonio, sa promotion en Afrique pour
les consommations nationales et en Europe
dans le cadre du commerce solidaire, en
interpellant les consommateurs
pour soutenir le développement
des communautés productrices de fonio biologique.
Céréale importante pour
la sécurité alimentaire des paysans, elle l’est
également au niveau du patrimoine de la biodiversité africaine. La
consommation du fonio a fortement diminué depuis la
colonisation et souffert des produits d’importations comme le riz, le
blé, le maïs, s’est trouvé minorisée, voir négligé, et sa
culture réduite à un niveau presque marginal.
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Le fonio au
cœur du
patrimoine
culturel africain
Compte tenu de son rôle pour la
sécurité alimentaire
des paysans dans toute l’Afrique
de l’Ouest sahélienne,
le fonio fait l’objet d’un
respect particulier. Sa culture,
sa récolte, son battage et le
décorticage
effectué par les femmes au
mortier traditionnel
donnent lieu à de nombreuses
festivités communautaires.
Il constitue la céréale
par excellence des cérémonies de mariage,
baptèmes, initiations et
cérémonies rituelles et propitiatoires.
Il est au cœur de nombreuses
cosmogonies et mythes
fondateurs chez les bambaras du Mali,
les Coniaguis
et les peulhs de Guinée, les
Bassari du Sénégal, les Bobos
et Sénoufos du Burkina Faso.
L’anthropologue Griaule,
dans ses célèbres
études sur les Dogons, a pu révéler
le rôle capital de cette
céréale dans les mythes fondateurs
de cette ethnie célèbre du
Mali.
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