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Histoire et localisation
Depuis l’Egypte ancienne le fonio était apprécié
et utilisé pour les rituels divinatoires, les africains
l’ont cultivé et préservé en particulier dans les
savanes arides du Sahel. Cette céréale est une des plus
constamment cultivée du Cap Vert au Lac Tchad. Dans
certaines régions du Mali, du
Burkina Faso, de la Guinée, du Sénégal et du Nigéria,
elle reste une partie intégrante de
l’alimentation.Certaines variétés de fonio viennent si
rapidement à maturité – de 6 à 8 semaines- qu’elles
peuvent être consommées bien avant la maturation des
autres céréales cultivées dans le Sahel.
Une céréale
"vitale" pour l'économie paysanne
Pendant les quelques mois critiques de « soudure », le fonio devient
alors « la graine de vie », et permet d’assurer une transition
alimentaire vitale pour les populations lorsque les autres céréales sont
encore immatures et que les réserves de l’année précédente sont
épuisées.En dépit de son ancienneté, de l’étendue de sa zone de
production, et de son importance pour la sécurité alimentaire des
paysans, le fonio est resté peu connu comparativement au sorgho, au mil,
au maïs et aux cultures de rente (café, arachide…). Cela reste étonnant
au regard de l’importance du fonio pour les paysans africains. A peine
une trentaine de brefs articles scientifiques ont été consacrés au fonio
depuis une vingtaine d’années.
Ensemble avec les fédérations de paysans,
La Société Gaia et l’organisation l’Orange Bleue se sont engagés pour
une revalorisation du fonio, sa promotion en Afrique pour la
consommation locale et en Europe dans le cadre du commerce solidaire, en
interpellant les consommateurs pour soutenir le développement des
communautés productrices de fonio biologique.
Céréale importante pour la sécurité alimentaire des paysans, elle l’est
également au niveau du patrimoine de la biodiversité africaine. La
consommation du fonio a fortement diminué depuis la colonisation et
souffert des produits d’importations comme le riz, le blé, le maïs,
s’est trouvé minorisée, voir négligé, et sa culture réduite à un niveau
presque marginal.
Le fonio au cœur
du patrimoine culturel africain
Compte tenu de son rôle pour la sécurité alimentaire des paysans dans
toute l’Afrique de l’Ouest sahélienne, le fonio fait l’objet d’un
respect particulier. Sa culture, sa récolte, son battage et le
décorticage effectué par les femmes au mortier traditionnel donnent lieu
à de nombreuses festivités communautaires. Il constitue la céréale par
excellence des cérémonies de mariage, baptêmes, initiations et
cérémonies rituelles et propitiatoires. Il est au cœur de nombreuses
cosmogonies et mythes fondateurs chez les bambaras du Mali, les
Coniaguis et les peulhs de Guinée, les Bassaris du Sénégal, les Bobos et
Sénoufos du Burkina Faso. L’anthropologue Griaule, dans ses célèbres
études sur les Dogons, a pu révéler le rôle capital de cette céréale
dans les mythes fondateurs de cette ethnie célèbre du Mali.
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